Gaz de couche en Nord Pas-de-Calais: la fausse voie

Publié le 10 Octobre 2014

Une « journée-débat sur l’exploitation des gaz de houille » s’est déroulée hier à l’Université de Lens. Cet évènement était organisé par les promoteurs de la mission d’enquête du Conseil Régional portant sur ce sujet et était très orienté en faveur de l’exploration et de l’exploitation des gaz de couche dans notre région.

Une manifestation était organisée à l’entrée du lieu par l’association "Houille Ouille Ouille" pour dénoncer la sélection des participants à la journée : les membres des associations de défense de l’environnement n’ont pu s’inscrire tandis que la moitié de la salle était composée de membres du PC ou de la CGT Energie.

Jean-François Caron est intervenu lors de la première table ronde, les écologistes déplorent la méthode et les vieilles lunes du co-promues en l'occurence par un tandem PC-UMP, et une forme de complaisance du vice-président à l'action économique.

Le vieux monde des productivistes qui se mettent la tête dans le sable quand il s'agit d'affonter les défis écologiques par des choix adaptés n'en finit pas de sévir.

 

Coupe source WikiPédia

Coupe source WikiPédia

Voici le communiqué des élus régionaux qui rappelle la réalité,

le gaz de couche c'est : peu de gains, beaucoup de risques et une contradiction totale avec les engagements de la France sur la réduction des gaz à effet de serre.

Le groupe EELV réfute la méthode qui est utilisée pour étudier l’opportunité des gaz de couche sur notre territoire.

La question des gaz de couche en Nord-Pas de Calais est portée par une mission d’enquête, diligentée par les conseillers régionaux Bertrand Péricaud et André Flageolet. Ils avaient la responsabilité de la méthode. Jean-François Caron a rappelé que le groupe EELV a quitté la mission d’enquête, en cours de route, à cause des nombreux partis pris dans le choix des experts non retenus, dans les amalgames qui ont été entretenus entre les différents gaz de houille (seul le gaz de couche pose problème et non le gaz de mines) et jusque dans le logo de la mission d’enquête qui est un copié/collé de celui de la compagnie gazière EGL, venue présenter son projet d’exploitation.

Sur le plan économique : est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?

Jean-François Caron a rappelé « (…) qu’on ne peut pas parler d’économie si l’on ne parle pas des impacts. C’est la question des externalités en économie. Nous ne pouvons pas continuer d’ignorer cette question». De ce point de vue, le gaz de couche, pour qu’il soit rentable, pose la question de la fracturation hydraulique, dont le coût environnemental est si grand que la technique a été interdite par la loi du 11 juillet 2011.

Par ailleurs, on ne peut pas non plus aborder la question économique sans parler des emplois. Le gaz

de couche, c’est 20 emplois pendant la phase d’exploration et 150 emplois estimés au plus fort de l’exploitation. Il faut mettre ces chiffres en perspective avec les milliers attendus pour le secteur des économies d’énergie dans le bâtiment, notamment grâce à la politique des « 100 000 logements » portée par le Vice-Président à l’environnement, Emmanuel Cau.

La vraie question, c’est celle de l’atteinte du facteur 4 pour 2050.

Le choix des gaz de couche -qui relâchent du carbone dans l’atmosphère- serait un contresens historique pour notre région. La France s’est donné une orientation claire en termes de réduction des gaz à effet de serre (facteur 4 pour 2050 et réduction de 30% de la part fossile). « De ce point de vue, la région de la Troisième Révolution Industrielle ne peut pas être celle du retour aux énergies fossiles et du relargage de carbone dans l’atmosphère» a insisté Jean-François Caron.

Par ailleurs, le conseil régional est sollicité chaque année pour investir dans la protection du littoral

(une dépense chiffrée en millions d’euros) contre la montée visible du niveau de la montée de la mer. N’y a t-il pas une schizophrénie des pouvoirs publics à contribuer à financer la montée des eaux par le relachâge de carbone, et de l’autre à monter des digues sur nos côtes ?

Gouverner c’est choisir et notre choix se porte sur l’étude de la géothermie pour valoriser le sous-sol du bassin minier.

En tant que membre de l’exécutif régional, le groupe EELV a lancé un tout autre projet de valorisation du sous-sol dans le bassin minier. Par l’intermédiaire d’une mission d’enquête, nous étudions l’opportunité de faire de la géothermie en stockant la chaleur dans les anciennes cavités minières. Il faut que la dépense publique soit guidée vers des choix intelligents.

Contact Presse jean-francois.caron@nordpasdecalais.fr - gregory.merly@orange.fr

Rédigé par myriamcau.fr

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astuce kamas 14/10/2014 13:37

Merci beaucoup pour cet extrait de littérature. Sympa.