Camaieu International doit redevenir une entreprise citoyenne

Publié le 11 Janvier 2011

Depuis le 04 janvier, une trentaine de salariés de Camaïeu sont en grève à Roubaix. Lundi 10 Janvier, une délégation d'élus d'Europe-Ecologie les Verts sont venu les soutenir : les Vice-présidents du Conseil Régional Majdouline Sbai, Myriam Cau et Jean-Louis Robillard ainsi que Patrick Tillie Conseioller Régional et avocat. La sénatrice Marie Blandin était aussi présente. La plupart des travailleurs en grève sont des manutentionnaires, certains ont 20 ans d’ancienneté dans l’entreprise, et comme une centaine d’autres, ils gagnent le SMIC. Parmi-eux plusieurs, travaillent à temps plein et même avec de l'ancienneté, se voient attribuer un complément de salaire au titre du RSA (revenu de solidarité active). C'est dire la faiblesse de leur pouvoir d'achat puisque la solidarité nationale est appelée à la rescousse.

 

L'entreprise Camaïeu après avoir été créée sur un projet engagé d'entreprise soucieuse des hommes et de son territoire, a été rachetée par un fonds de pension anglais, l'ancien directeur épinglé par l'hebdomadaire le Point de Novembre 2009 comme l'un des plus haut salaire de l'année (23 M€ de plus-value des stocks option) conserve une mission de conseil dans l'entreprise.

 

Camaieu International est une entreprise florissante qui se développe sans cesse et compte environ 5700 salariés en France et à l'international. De fait au 1er semestre de l'année 2010 écoulée, le chiffre d'affaire était en progression de plus de 18%. Les derniers bénéfices nets connus seraient d'environ 100 M € selon les grévistes, dont 50% reversés aux actionnaires.

 

Le site roubaisien comprend le siège social et des fonctions de logistique (entrepots), représente environ 400 salariés. Les travailleurs pauvres de Camaïeu à Roubaix demandent 150 euros d’augmentation net mensuelle par salariés. Ils devraient pouvoir vivre dignement de leur travail. La solidarité nationale ne devrait pas s'exercer pour une entreprise largement bénéficiaire qui a les moyens de payer correctement ses salariés, et dont on attend une répartition responsable et éthique des bénéfices.

 

Mais les revendications des Camaïeux ne sont pas uniquement salariales.

Ils réclament l’amélioration des conditions de travail (l'important turn-over que l'on constate à la lecture du bilan social de l'entreprise pose question...) et l'augmentation de la participation des salariés. Ils demandent aussi que l’entreprise Camaieu assume ses responsabilités sociales, par exemple en matière d’embauche de travailleurs handicapés, d'égalité salariale hommes-femmes et en pérennisant les emplois des intérimaires. Depuis toujours, Camaieu emploie des intérimaires, mais loin d’être une pratique marginale, c’est un dispositif massif, régulier. A certaines périodes, 200 intérimaires viennent travailler chaque jour avenue Brame à Roubaix, sans compter les intérimaires des magasins de l’enseigne présente dans toute la France.

 

Camaieu en s’implantant à Roubaix Est a bénéficié de plusieurs millions d’aide du Conseil Régional, comme du Plan Local d’Insertion. A l’époque de l’ouverture de l’entreprise, 330 personnes en insertion avaient été embauchées avec des aides conséquentes. Une bouffée d’oxygène pour les quartiers limitrophes qui accusent un taux de chômage record (avoisinant les 50% pour les Trois-Ponts). Après les aides engrangées, à peine une trentaine ont vu leur situation pérennisée. A cette époque, on parlait de Camaieu comme d’une entreprise citoyenne et d'une chance pour la reconversion textile.

 

Aujourd’hui Camaieu a renoué avec un modèle d’entreprise qui fonde son management du personnel sur la vulnérabilité. Dans le quartier des trois-ponts à Roubaix, la richesse et les bénéfices importants cohabitent, donc, avec la précarité des sans emplois, des intérimaires comme la pauvreté des salariés de l’entreprises, ce n’est pas admissible.

 

Les élus régionaux EELV demandent à ce que Camaieu International ouvre un réel dialogue avec les salariés qui défendent des revendications légitimes. Et surtout nous demandons à Camaieu de renouer avec l’état d’esprit que l’entreprise affichait lors de son implantation à Roubaix. Un état d’esprit d’une entreprise qui se développe mais qui reste partie prenante du devenir d’un territoire et de ses habitants.

Rédigé par myriamcau.over-blog.fr

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