Compétitivité, boussole en panne, on peut s'interroger ...

Publié le 18 Novembre 2012

CIMG1421.JPGL'ensemble de la situation économique de la France semble en cet automne être sous-tendue à un déterminant global qui semble faire consensus : le manque de compétitivité... Elle nous vaut le rapport Gallois, beau travail dont on ne peut douter de la sincérité, d'une réelle compétence et d'une toute aussi réelle cécité. On ne peut se contenter de ce diagnostic initial pour tenir lieu de paradigme, il nous emmène dans une direction bancale. Il manque de portée prospective et n'éclairant que les 1ers pas ne nous montre pas la réalité du chemin. Comment préparer l'avenir sans tenir compte des crises écologiques, de l'épuisement des ressources, des impacts attendus du changement climatique, et d'un modèle de consommation qui étendu à l'échelle de la planète montre son insoutenabilité évidente.

 

 

le gaz de schiste ne changera rien à tout cela, des sauts technologiques nous amèneront un sursis mais ne changeront rien à l'équation finale. L'écosystème est en danger, la doxa de l'économie et la pensée dominante ne peuvent absolument pas éluder cette composante de l'équation. En une courte intervention Eva Sas député EELV a paré au plus pressé en interpellant le Ministre Jérome Cahuzac. Elle pose des jalons pour aller vers un modèle plus réaliste des enjeux à venir. Il est inquiétant de voir se rétrécir une vision de l'avenir au rapport Gallois et aux axes présentés par le gouvernement. Un contexte de contraintes semble nous imposer un modèle unique, la course à l'échalotte de la compétitivité comme seule réponse est inquiétante.

 

D'autres démarches sont possibles. Notre civilisation doit être capable d'un sursaut bien plus exigeant qui interroge au plus profond de notre condition humaine : quelles "responsabilités universelles mais différenciées" ? quelles justices et fraternités? Quels moteurs du développement humain : qu'est ce qui est capable de créer le désir et la joie sans passer par la case consommation des uns et manque de tout des autres ? On en revient toujours à vivre de la Terre sans tuer la Terre, l'équilibre est fragile et notre présence pas acquise.

 

 

L’intervention sur le budget Economie et les propositions post-Gallois, à l'adresse de Jérome Cahuzac, ministre du Budget, dans le cadre du Projet de Loi de Finances de la Députée EELV Eva Sas

 

"Merci Mme La présidente, M. Le ministre, Chers collègues,

 

Avec ce budget de la mission Economie, c’est l’emploi, la compétitivité et la protection des consommateurs qui sont au cœur des politiques publiques. Nous partageons cette orientation, et nous soutenons les mesures nécessaires contenues dans ce budget : le soutien renforcé aux PME et aux ETI, la priorité à l’investissement et à l’innovation, les mesures favorisant l’adaptation du commerce de proximité, l'amélioration de la protection des consommateurs.

 

Toutefois, je ne vous cacherais pas ma perplexité face à ce budget. Je reste surprise de voir à quel point votre vision de l’économie ignore les enjeux environnementaux.

 

Et mon inquiétude porte d’abord sur les filières d’avenir.

 

Ni dans l’action de soutien à la compétitivité hors prix des PME dont les crédits de paiement pour 2013 s'élèvent à 54,7 millions, ni dans le soutien aux filières industrielles qui ne cite comme seuls secteurs d’avenir, que les filières aéronautique et automobile, il n’est question des éco-activités.

 

Je n’ai rien contre les filières aéronautique et automobile, M. Le Ministre, mais je trouve absolument singulier que dans les filières d’avenir, vous n’évoquiez pas une seule fois, ces secteurs qui feront l’économie de demain, et tout particulièrement le secteur des énergies renouvelables. 

 

Faut-il rappeler que le secteur des énergies renouvelables représente en Allemagne 367 400 emplois directs, et que ce secteur a créé 207 000 emplois en six ans outre Rhin ? Faut-il rappeler qu’il ne représente en France que 94 500 emplois, soit le tiers de nos amis allemands ? Faut-il rappeler que la France accuse déjà un retard de dix ans environ dans le développement du renouvelable ? Or je ne vois rien dans ce programme qui permette de combler ce retard, et qui plus généralement, soutienne le développement des éco-filières. 

 

Je souhaiterais, ensuite, revenir sur les annonces du gouvernement, suite à la publication du  rapport Gallois.

Oui vous avez raison de vous attaquer au problème de la compétitivité. Oui notre économie a encore détruit 50 000 emplois au 3eme trimestre, dont 10 000 dans l’industrie. Nous devons réagir collectivement, et ce n’est pas simple.

 

Mais pour nous écologistes, penser la compétitivité, c’est penser l’économie de demain. Et l’économie de demain, je l’ai dit, c’est celle des économies d’énergie, des énergies renouvelables, de la mobilité durable, des technologies propres,…

 

Or, que nous propose-t-on ? Un allègement fiscal de 20 milliards d’euros accordé aux entreprises sans conditionnalité sociale ni environnementale. Et comment est payé cet allègement ? Par une augmentation de la TVA qui pèse sur les ménages.

 

Augmentation de la TVA qui, comble du paradoxe, touche particulièrement les secteurs écologiques : les transports collectifs, la rénovation thermique, le traitement des déchets, dont le taux va passer de 7 à 10%.

 

Ce que nous devrions faire ensemble, M le ministre, c’est bien au contraire soutenir ces secteurs porteurs d’emplois, au lieu de les pénaliser. C’est aussi améliorer sensiblement la compétitivité des entreprises françaises, en les aidant à baisser leur consommation d'énergie.

 

Car vous savez sans doute que l’énergie c’est déjà plus de 10 % de la valeur ajoutée dans des branches industrielles comme le papier, la chimie minérale, les fibres artificielles ou la métallurgie.

 

Il est temps d’aider ces entreprises dans leur démarche d’économie d’énergie et de préparer l’économie toute entière à l’augmentation inexorable du prix des matières premières, notamment par la mise en place d’une véritable fiscalité écologique.

 

Le Rapport de la conférence des experts sur la contribution Climat et Énergie, expliquait que, je cite, « si la contribution « climat - énergie » était compensée par une baisse des prélèvements obligatoires pesant sur les facteurs de production, la balance commerciale s’en trouverait améliorée et qu’il y aurait des effets positifs sur la croissance et l’emploi. La contribution « climat - énergie » pourrait également favoriser un transfert d’activité de certains secteurs très intensifs en énergie vers d’autres secteurs plus intensifs en main d’œuvre. »

 

Alors que, selon le Commissariat général au développement durable, la facture énergétique atteint 61,4 milliards d'euros en 2011, soit 88% du déficit commercial, n'est-il pas temps d'adopter, dès maintenant les mesures qui réduiront la facture énergétique, et qui, par conséquent, amélioreront vraiment la compétitivité des entreprises françaises ?

 

Alors M. Le Ministre, je vais vous faire 3 propositions simples pour la compétitivité de l’économie française :

- le basculement d’une partie des cotisations sociales sur une Contribution Climat Energie

- le retour à une TVA à 5 % sur les services comme les transports publics, la rénovation thermique et le traitement des déchets

- et un grand plan de soutien au développement des écofilières

 

L'économie de demain sera écologique ou ne sera pas, M le ministre. Les écologistes sont prêts à construire avec vous une politique d’innovation, d’aides aux entreprises, une politique fiscale aussi, qui réponde à cet enjeu, et qui fasse de la France, comme l’a dit le Président de la République, la « nation de l’excellence environnementale ».

 

Rédigé par myriamcau.fr

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gramophone 19/11/2012 13:24

Concision

Il faut être lapidaire; quand la production est déplacée aux pays au bas coût de production, quand le conflit d'intérêt mine le pouvoir politique au point que le revenu du capital (sangsues de la
finance) est moins taxé que le revenu fut travail.

La connivence politiques financiers génère favoritisme aux nantis; injustice, une spirale type connu à chaque fin d'un empire. Les sangsues de la finance se tirent une balle dans le pied. Casser le
pouvoir d'achat des classes populaires des pays riches (Canada, USA, Allemagne, UK, France) sans le maintenir ailleurs (Chine, Corée, Brésil, Inde, Singapour, Taïwan, etc) se traduit mécaniquement
avec la réduction d'emploi (entre1970 et 2010 les usines automobile ont réduit leur masse salariale en proportion de 100 à 5).

Si les recettes d'état viennent à 49% de la tva; à 25% de l'impôt sur le revenu. Alors que les finances et les assurances n'apportent même pas 5% des recettes pour la même période (source INSEE
recettes de la France pour 2008, 1022 milliards d'euros) Cela preuve que c'est la production par la transformation des matières qui crée de la plusvalue et les "sangsues" habilement récupèrent des
volumes de capital à chaque fois supérieurs; cela fini par des crises à répétition et la paupérisation et austérité pour les classes populaires.......