La charte métropolitaine des antennes relai n'intègre pas la place des citoyens et les effets sur la santé

Publié le 18 Octobre 2013

L'ANSES vient de sortir un rapport portant sur les impacts sur la santé de la pollution électromagnétique et énonce qu'il n'y a pas d'effet sanitaire avéré lié aux ondes de la téléphonie mobile. Et pour cause, pour la plupart des effets recherchés, l'ANSES établit l'absence d'étude et préconise d’ailleurs de les mener. Pas d'étude, pas de preuve, et donc pas d'effet avéré CQFD. Le rapport de l’ANSES n’intègre absolument aucunement la question des personnes souffrant d’hypersensibilité électromagnétique. Toutefois le risque de cancer de neurinome et de gliome est indiqué. Depuis 2011, le CIRC Centre International de Recherche contre le Cancer classe les radiofréquences comme possiblement cancérogène pour l'Homme. De nombreuses études internationales, y compris compilatoires de publication dans des revues à comité de lecture, ont pourtant exploré ces effets.

La Communauté Urbaine de Lille souhaite proposer à son conseil de communauté une charte des antennes relai de téléphonie mobile, qui est en fait un protocole d'accompagnement du déploiement de la 4G. La Charte proposée ne s'intéresse pas aux citoyens, ni à la santé publique; Par contre, elle inclue dans son périmètres les bailleurs sociaux dont les toitures sont attractives pour les opérateurs. Des avis sont demandés aux différentes communes concernées, mon intervention se situe dans ce contexte.

Conseil Municipal de Roubaix du 13 octobre 2013


" Nous voterons contre cette délibération.

La charte métropolitaine est au service du déploiement à venir de la 4G et dans un souci compréhensible de mutualisation des équipements et des relations. Elle est signée par les communes, LMCU, les bailleurs et les opérateurs. Ce n’est pas une charte, c’est au mieux un protocole de mise en œuvre pour les opérateurs. On comprend bien pourquoi elle intègre les bailleurs, leurs toits sont particulièrement accueillant pour les antennes relai et les habitants des quartiers hlm en conséquence particulièrement concernés.


Et ce n’est pas une charte qui intègre toutes les parties prenantes : les citoyens, associations de consommateurs, associations de quartier, associations écologistes,  usagers des services numériques ne sont pas impliqués par cette démarche.

Nous sommes en désaccord avec le préambule du projet. Il ne reprend qu’une seule thèse celle d’une absence de danger, alors que le sujet est controversé, que d’autres sources, d’autres points de vue existent. Je pourrai en citer des sources toutes aussi officielles et scientifique, voire les mêmes, et en sélectionner des extraits pour vous écrire un préambule disant exactement l’inverse. 

Je rappelle donc

que les ondes de la téléphonie mobiles sont classées cancérigènes par l’OMS.

que les études précisent un risque accru pour les cancers du gliome et  du neurinome.

que des personnes consultent au CHRU pour électro-hypersensibilité

que les enfants sont particulièrement sensibles et exposés

et je ne parle pas des divers effets associés : troubles du sommeil, baisse de fertilité masculine qui peuvent résulter d’un cumul de causes


Dans l’article 3 de la charte, les principes généraux mentionnés sont déjà dépassés puisqu’un rapport 2013 de l’ANSES vient juste de sortir et qu’il module largement ses propos initiaux de 2009. Par exemple, il dit que les effets sanitaires ne sont pas avérés mais admet les effets biologiques. Allez nous dirons, que ces effets biologiques actuels deviendront assez rapidement des effets sanitaires : c’est le temps d’émergence des pathologies liées à des expositions chroniques. Concrètement les ondes provoquent par exemple des cassures des brins d’ADN, notre corps peut en réparer un peu voire beaucoup mais certaines seront à la source d’évolution de cellules cancéreuses


Par ailleurs, ce rapport de l’ANSES conclue souvent à l’absence de preuve pour la bonne raison qu’ils constatent que les études n’ont pas été menées. On ne risque pas de trouver ce que l’on n’a pas cherché.


Le problème auquel nous sommes confrontés est celui du cumul de l’exposition aux ondes, créant un brouillard électromagnétique, et une situation inédite dont les effets débutent en réalité. On en verra les conséquences à plein dans 10, 20, 30 ans…Il y a 10 ans, dans ma chambre chez moi à Roubaix, je relevai la présence de 2 système wifi, aujourd’hui dans ma chambre je trouve 12 wifi différents, moi, mes enfants dormons là-dedans, chacun d’entre vous aussi probablement, je vous invite à faire le test

Dans le 2ème paragraphe de la charte page 186 il est dit «  des interrogations demeurent en effet pour les effets à long terme même si aucun mécanisme biologique analysé ne plaide pour cette hypothèse ». C’est parfaitement une interprétation, un choix fait dans une controverse, je pense totalement l’inverse, à partir des mêmes données. Donc, cette charte n’est pas neutre dans ses affirmations, elle participe d’un choix contestable.


C’est aussi une charte qui est un condensé de bonnes intentions, je cite : « s’efforcer de contenir autant que possible les niveaux de champs électromagnétiques émis par leurs stations », qui jugera du « autant que possible », ailleurs je cite page 186 « que l’exposition du public aux champs électromécaniques émis pour l’installation soit  aussi faible que possible tout en préservant le service », qui décidera du bon équilibre entre niveau de service et niveau d’émission ?


Enfin je rappellerai à nouveau que le niveau des normes, la règlementation des seuils d’émission en France est largement supérieur à ce que l’OMS préconise où à ce que l’on trouve d’autres pays européens.

Une proposition de loi avait été préparée par la députée EELV, Laurence ABEILLE, pour notamment demander l’abaissement des  niveaux d’émission et l’interdiction du wifi dans les écoles et les crèches. Cette proposition de loi relevait du droit de proposition parlementaire réservé à un chaque groupe, nous n’en avions qu’une. Les lobbies sont très puissants et le gouvernement doit y être très sensible puisque le projet de loi a tout bonnement été retiré dès la commission. Cela veut dire que ce sujet de santé publique qui concerne tous les citoyens n’est pas jugé digne d’être débattu à l’Assemblée.


Par contre la particularité et le mérite de la délibération que nous propose la ville de Roubaix est de maintenir un volet d’information et de concertation locale, en complément de la charte métropolitaine. Ces points sont positifs. Notre groupe tient à le signaler, et LMCU ferait bien de s’en inspirer.

Sur ce point là, que nous soutenons même si nous ne voterons pas la charte LMCU, notre groupe émet 4 vœux

 

  1. Des élus de l’exécutifs sont présents, pouvez vous dans un souci de transparence ouvrir le comité de concertation aux élus de l’opposition
  2. Et afin de bien concerner tous les parties prenantes, pouvez-vous élargir ce comité à des représentants d’associations de santé et de prévention
  3. Pouvez-vous établir et communiquer au conseil municipal un bilan des travaux antérieurs réalisés dans le cadre de ce comité
  4. Et enfin, pouvez vous agir pour que dans le cadre de l’aménagement du Parc Barbieux, il ne soit pas donné suite à cette idée farfelue de créer des points relais wifi dans le parc. S’il était possible de préserver un peu de nature en ville, sans assujettir systématiquement nos modes de vie au consumérisme numérique, je pense que ce serait un gain de civilisation."

Rédigé par myriamcau.fr

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