Pour une prospective régionale participative, vision 2040 pour le Nord Pas-de-Calais...

Publié le 24 Juin 2013

tempsEn région Nord Pas-de-Calais, des compétences et des bonnes volontés se réunissent régulièrement depuis plusieurs années pour faire de la prospective participative, déceler les voies de l’avenir, les perspectives souhaitable pour notre territoire et ses habitants. Le Collège Régional de Prospective n’est pas un lieu réservé aux chercheurs et experts mais bien un espace de débat et d’intelligence collective ouvert à tous. En ce 21 juin, 1er jour de l’été, une large invitation a été lancée à venir « semer les graines du futur » et une belle assemblée a échangé autour du rapport récapitulatif de la vision prospective régionale Vision 2040.

Le Nord Pas-de-Calais adore se projeter dans des exercices d’intelligence collective. Qui peut mieux le faire qu’une Région compte tenu des échelles de temps et de territoires d’appartenance ? Choisir de dessiner son propre futur, en faire une ambition partagée, qui le fera pour nous si nous ne le faisons pas ?

Mon propos en conclusion invite à la poursuite de ce travail.

« Le rapport Vision 2040 constitue une étape dans le travail en continu de la prospective régionale appuyé sur son collège de prospective et ses fabriques. Cela représente un important investissement de la part des collaborateurs de la Direction du Développement Durable, de la Prospective et de l’Evaluation que je remercie, mais aussi de la part d’innombrables contributeurs qui ont pris le temps de participer à construire des analyses, des hypothèses et des perspectives. Je tiens à saluer les animateurs des fabriques prospectives et leurs piliers historiques, parmi lesquels Mrs Frackowiak et Dhau-Decuyper qui sont présents.

Le 5 Juillet, nous allons soumettre au vote le Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire : c’est notre cadre de référence pour aller vers un futur choisi… Son échelle de temps à l’horizon 2030 est déjà dépassée par ce rapport prospectif qui allant au-delà, jusque 2040 nous donne la liberté de l’inventivité. Pendant que nous travaillions ensemble ce matin, le temps est déjà passé et il s’est produit certainement quelque part des découvertes ou des ruptures subtiles qui vont profondément nous impacter. Nous devrons être collectivement en capacité de détecter ces signaux faibles des futurs non advenus, et capable de construire nos propres boussoles en nous basant sur notre expérience, notre sagacité, notre créativité..

Le Président Percheron a placé son éditorial du journal du SRADDT sous l’emblème de la confiance : oui faisons confiance à nos capacités et notre dynamisme, ne nous laissons pas enfermer dans les schémas de la défiance entre citoyens et acteurs régulièrement mis en évidence par l’actualité politique, ne nous laissons pas envahir par les situations anxiogènes qui pourraient nous paralyser, la transition écologique à laquelle nous sommes contraint par les enjeux du changements climatique, de la raréfaction des ressources, de l’érosion de notre capital naturel considérons là comme un tremplin. Nous sommes de fait obligé de penser ce qui est vraiment essentiel, les valeurs qui nous font sens et les besoins humains premiers. Oui il est sûr que la qualité des échanges humains, l’éducation, la culture peuvent apporter plus que l’accumulation des biens matériels, et donc nous devons penser le bien-être, les usages autant sinon plus que les technologies.

Et puis probablement nous avons pris conscience en même temps que de la finitude des ressources planétaires, de la fragilité des individus. Dans ce cadre comment cultiver notre capacité à imaginer le lendemain quand aujourd’hui est incertain pour tant de personnes dans notre région. Mobiliser le ressort des individus et des groupes, développer le sentiment de « capacité » nécessite de travailler aux formes de l’émancipation et à propre ouverture par rapport aux dogmes, aux schémas imposés, aux idées convenues et aux destins tous tracés –et nous savons ce que le déterminisme social peut vouloir dire ici en région Nord Pas-de-Calais-… Nous sommes un territoire d’Education Populaire qui doit complétement se réinventer. Catherine Bertram de la mission bassin minier parle de l’importance de relier la réalité de la transformation du bassin minier à la réelle perception de l’image de soi que peuvent en avoir les habitants. Mais pour cela, nous devons rêver avec et non pas pour, et nous devons réfléchir en agissant… Et l’on doit aussi s’interroger comme le proposait Pierre Frackowiak : rêvons-nous assez grand ? Pensons-nous assez fort ? Sommes-nous capables de nous détacher des liens qui nous enferment, sommes-nous capables d’assumer des ruptures qui soient fécondes ? Si oui, où les situer pour ne pas nous séparer du sens qui nous relie à notre propre histoire ?

Nous parlons de territoire apprenant, de territoire intelligent : la démarche prospective en est une composante essentielle.

Consolidons donc ce think-tank, sans oublier l’impératif démocratique d’appropriation d’un futur possible par tous : chaque acteur, chaque citoyen. Pour cela, nous avons à travailler avec des outils plus diversifiés, autres que des réunions prise-de-tête, pour permettre une appropriation sociale large des questions et des chemins du futur : l’humour, la co-construction, l’image, la recherche-action, le choix des mots en sont des formes possibles.

Ainsi le design de l’action publique, l’emploi des sciences sociales appliquées, mais aussi la rupture créative celle qui introduit l’art et la sensibilité dans l’espace de l’action publique doivent intégrer nos modes de faire et de réfléchir.

Nous parlons des nouveaux modèles économiques territoriaux, un changement profond de modèle est inéluctable : le développement durable étant notre seul horizon planétaire, cela nous oblige à nous penser ici en Nord Pas-de-Calais dans la globalité des sociétés humaines et de nos interactions.  Les politiques publiques doivent intégrer cette expansion complète de leur champ de compréhension et de réflexion « ouverts au monde ».

Nous allons donc poursuivre la démarche prospective régionale :

-        d’abord nous allons travailler sur des chantiers sont déjà lancés ou juste lancés : les nouveaux espace-temps, la mer comme horizon partagé, l’autonomie alimentaire, la mobilité pour tous, les relations intergénérationnelles, l’égalité des territoires

-        ensuite nous en avons d’autres à construire : sur l’empathie et la bienveillance, le genre et les différences

-        par ailleurs, vous pourrez retrouver tous ces travaux et les informations de la prospective régionale sur un site web renouvelé à la rentrée avec des publications régulières

-        Vous êtes invités à nous rejoindre dans les fabriques du collège régional de prospective, venez enrichir les travaux de votre point de vue

En conclusion, je vous engage en repartant d’ici, puisque nous avons commencé notre séance en semant, à glaner des constats, des signes, des idées en nous basant sur l’écoute et sur ce que P.Frackowiak nomme « la présomption de compétence », notion éminemment démocratique. »

Rédigé par myriamcau.fr

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